Les Principautés

 

 

Les principautés ont la garde des nations et des royaumes, pour les conduire, chacun en ce qui le concerne, à l'exécution du plan divin. Leur nom signifie conducteurs suivant l'ordre sacré. Dans ce ministère, dont les parties si importantes leur sont distribuées par les dominations, les principautés sont, à leur tour, secondées par les anges immédiatement soumis à leurs ordres. «De là résulte la magnifique harmonie dont parle saint Augustin : "Les corps sont régis par un certain ordre, dit le grand évêque, les inférieurs par les supérieurs, et tous par la créature spirituelle ; l'esprit mauvais par l'esprit bon ». Lors de la dispersion des hommes, Dieu préposa à chaque nation, à chaque peuple, pour les conduire et les gouverner, deux chefs, l'un visible, l'autre invisible. Les chefs invisibles sont les principautés. Leurs analogues seraient dans l'armée, les généraux supérieurs ; dans l’état civil les préfets ; dans l’Eglise les Evêques. Veiller sur les nations, sur les royaumes, sur les provinces ; leur conserver la foi, la connaissance et l'amour de Dieu ; diriger, concentrer vers l'unité et conduire à leur fin dernière toutes ces parties du gouvernement universel, tel est donc l'office des principautés.

 

D'après Jean de Sainte-Eulalie, 1845-1924, franciscain

 


Principauté en adoration devant le Saint Sacrement

 

 

Chaque paroisse a son ange à elle. Il appartient au chœur des Principautés. Les anges de ce chœur sont grands, d'aspect majestueux; toute une cour d'anges les environne. Ils sont agenouillés devant le T. S. Sacrement et prient nuit et jour pour les membres de la communauté paroissiale; ils veillent à ce que les mourants reçoivent les derniers sacrements et à ce que les enfants soient baptisés. Ils connaissent tous les paroissiens de leur église. Ils implorent le pardon de Dieu chaque fois qu'il se produit un scandale. Ils se vouent généralement à la prière d'intercession. Ils adorent Dieu qui, caché sous les apparences de l'hostie, attend à l'église, ordinairement délaissé de tous. Les Principautés chantent, dans le mystère, leur Sanctus ininterrompu, en offrant satisfaction pour la tiédeur de leur paroisse.

Le culte rendu aux Principautés apporte avant tout l'amour de la prière et la persévérance dans la prière. Les anges de ce chœur sont vêtus de couleur améthyste ; ils portent par-dessus leur habit un manteau précieux orné de pierreries, comme une sorte de chape. Leur couronne est formée d'un diadème fermé, orné de deux étoiles. Ils ont toujours les mains jointes. Leur visage, tout amitié et affection, est empreint d'une grande tristesse quand quelqu'un reçoit les sacrements d'une manière sacrilège. Ils s'inclinent alors jusqu'à terre et font les plus sublimes prières réparatrices. Aucun prêtre ne saurait manquer de saluer l'ange de l'église ou de la paroisse à laquelle il est attaché. Les grâces qu'il recevra en échange sont d'une grandeur et d'une abondance inexprimables. Mais ces grâces, on les mérite rarement.

 

La fête de la Dédicace de l'église est un jour de joie pour le chœur des Principautés. A chaque église est préposé un ange comme protecteur. Il présente à Dieu tous les sacrifices, les mérites, les prières, ainsi que les victoires remportées depuis la dernière Dédicace. Quelle joie, quand la coupe est pleine et que l'encens des prières monte continuellement au ciel! C'est aussi le jour où ce Prince céleste bénit la maison. Il n'abandonne pas les paroissiens qui lui sont confiés: il implore Dieu sans cesse, en demandant pour eux force et courage. Une mère ne saurait prier avec plus d'ardeur pour ses enfants que ne le fait cet ange. Et personne ne le remercie!

 

D'après Mechtild Thaller née von Schönwerth