Saint Michel  Archange protecteur de la France

 

Saint Michel est l'ange protecteur de la France. Nos pères l'appelaient le Prince de l'empire des Gaules. Ils lui avaient donné ce titre dans leur reconnaissante et confiante dévotion.

En effet, dès les origines de la France, saint Michel se montre son ange tutélaire. Notre patrie est née au baptistère de Reims: or, suivant nos pieuses chroniques, la sainte ampoule contenant l'huile miraculeuse qui servit à sacrer Clovis et tous les rois de France, fut apportée à saint Rémi par l'archange saint Michel.

Ange guerrier et défenseur de notre pays, saint Michel se choisit, dès le VIlle siècle, aux avant-postes du rivage français, une mon­tagne, « au péril-de-la-mer, » et ily « fait élection de domicile ».

La France avait grand besoin de sa protection : les barbares s'y précipitaient, et du Midi, et du Nord. Charles Martel écrase à Poitiers l'impur Mahométan, et Charlemagne triomphe des Saxons païens. Il est vrai que les Normands réussissent à s'implanter en France ; mais bientôt ils se convertissent. Rollon leur chef fait des largesses au Mont Saint-Michel et donne des preuves d'une dévotion exception­nelle à l'Archange.

Le culte de saint Michel convenait au peuple français, généreux et conquérant. Aussi ne s'étonne-t-on pas de trouver l'effigie du Prince de la milice céleste peinte sur les étendards de Charlemagne et plus tard gravée sur les monnaies du Moyen-âge.

Aussi, quand la nationalité française court le plus grand péril qu'elle ait connu, quand elle n'a plus d'armée, plus d'argent, hélas ! plus d'espérance, saint Michel se souvient de son peuple ; il ne veut pas le laisser périr. Du Mont normand, citadelle imprenable où il veille, ilprend son vol, descend aux marches de Lorraine et suscite à la France agonisante sa glorieuse libératrice, Jeanne d'Arc. C'est par saint Michel que Jeanne se dit envoyée, et c'est par lui qu'elle triomphe. Charles VII reconnaissant fait peindre sur ses étendards l'image de l'Archange avec ces paroles : Dans ma grande détresse, mon sauveur a été saint Michel. - Il désirait établir en son honneur un ordre de chevalerie. Ce fut l'œuvre de Louis Xl, dont le règne marqua l'apogée de la dévotion au Prince des Anges.

Au XVIe siècle, l'intégrité du territoire de la France n'est plus en jeu, mais sa foi est en grand péril. Saint Michel prié avec ferveur in­tervient, et Henri IV converti raffermit l'espérance de la religion.

Plus tard, les troubles de la Fronde viennent désoler le royaume.

Au milieu de ses anxiétés, la régente Anne d'Autriche s'adresse à saint Michel ; bientôt la capitale et les provinces rentrent dans l'ordre et la soumission.

À l'époque néfaste de la grande Révolution, le sanctuaire national du Mont-au-péril-de-la-mer est profané et la dévotion à l'Archange subit une éclipse. Pourtant, l'orage ne réussit pas à la détruire complètement. Au cours du XIXe siècle, cette dévotion a eu d'éclatantes manifestations.

On avait recommencé à connaître saint Michel et à l'invoquer. Aussi en 1870, quand la France fut foulée aux pieds par les Alle­mands, la confiance en saint Michel se raviva et valut à plus d'un brave une protection vraiment merveilleuse.

Malgré le sensualisme et le naturalisme qui débordent sur tout le pays de France, le culte de l'Archange continue ses progrès. Saint Michel ne nous abandonnera pas.

 

Pratique. - Répandons autour de nous le culte de saint Michel, ange protecteur de la France.

 

 

Histoire

Un jour d'été et à l'heure de midi, Jeanne d'Arc est occupée à gar­der son troupeau, lorsqu'une éblouissante clarté remplit le ciel, et une voix interpellant l'humble bergère lui adresse de bons et pieux con­seils : « Je l'ai vu, lui saint Michel, racontera-t-elle plus tard à ses juges. Je l'ai vu aussi clairement que je vous vois, et je crois à son in­tervention, aussi fermement que je crois à la passion et à la mort de Jésus-Christ Notre-Seigneur. Il me disait avant tout que je devais être bonne et pieuse et que Dieu m'aiderait ; il me racontait la grande pitié qui était au royaume de France, et m'engageait à me hâter d'aller se­courir mon roi. » Etonnée, dit l'histoire, Jeanne répond à l'Archange qu'elle n'est qu'une pauvre fille, qu'elle ne sait ni monter à cheval, ni conduire une armée. L'Archange doucement insiste : « Va, va, fille de Dieu, je serai ton protecteur. »

Elle part enfin, elle accomplit sa mission providentielle : autour d'elle semble flamboyer l'épée irrésistible de saint Michel. L'ennemi recule, la France est délivrée et sauvée.

 

 

PRIÈRE

Grand Prince de la milice céleste, établi par la Providence divine le protecteur spécial de la France, souvenez-vous que vous l'avez faite grande entre toutes les nations, que vous l'avez établie la sentinelle de la foi et le soldat de Dieu dans le monde. Obtenez-lui un prompt et sincère retour à l'antique foi, source de sa force et de sa grandeur. Éclairez les incrédules, rassurez les timides, fortifiez les faibles, encouragez les bons, secourez-nous tous et rendez-nous meilleurs et plus chrétiens. Ainsi soit-il.

Source : LE MOIS DE SAINT MICHEL

Abbé Videloup, Editions DFT