Les Trones

 

Quel ne doit pas être le ravissement des trônes, de ces esprits bienheureux, pour qui les secrets et les forces des causes secondes, dont nous n'exploitons que les effets, ne sont pas un mystère, mais qui, dans la cause première, dans l’Être des êtres, contemplent cette Puissance toujours en acte, et toujours principe créateur de tout ce qui fut, de tout ce qui est, de tout ce qui peut être !

 

Tel est le privilège des trônes : élévation, beauté, solidité, trois idées que porte à l'esprit le nom de trône, sur lequel siègent les monarques, et qui conviennent parfaitement à ces esprits bienheureux selon qu'il est écrit : «Vous vous êtes assis sur votre trône, vous qui jugez selon la justice.» (Psaume 9, 5)

Ils composent le troisième chœur de la première hiérarchie ou des anges assistants, et leur office est de transmettre, avec la puissance qu'ils contemplent à la source même et dont ils sont pénétrés, les communications souveraines, d'abord aux dominations, qui commencent les hiérarchies des anges administrateurs, et puis aux hommes, par l'intermédiaire des esprits inférieurs ou immédiatement par eux-mêmes.

 

D'après Jean de Sainte-Eulalie, 1845-1924, franciscain

 

 


 

Le septième chœur, les Trônes, est un chœur royal. Chaque évêché, chaque royaume, chaque communauté cloitrée a son ange, choisi dans le chœur des Trônes.Tels des rois, les anges de ce chœur sont assis sur des trônes. Ils portent un vêtement doré, un manteau brillant; leur couronne fermée est d'un éclat dépassant tout ce qu'on peut imaginer. Leur visage est empreint de noblesse et d'une majesté qui n'est pas de ce monde. Un sceptre est à leurs pieds. Ils ont les mains croisées sur la poitrine; un anneau d'or brille à leur main droite. Leur regard tourné vers le ciel est, malgré leur aspect majestueux, plein de la plus profonde humilité, de la plus ardente ferveur. Ils présentent sans cesse au Très-Haut les prières de leur diocèse, de leur royaume, de leur cloître. Toutes les mortifications, tous les sacrifices, tous les renoncements qui y sont accomplis, ils les offrent à la Très Sainte Trinité, ennoblis et sanctifiés par leur propre prière. Une disposition divine a voulu qu'on les mentionne dans la Préface, faute de quoi on ne les nommerait jamais!

 

Il y a, dans le service des anges, un fait profondément tragique: c'est que, tandis qu'ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour la pauvre humanité pécheresse, les hommes, eux, froids comme glace, les oublient, ou, dans leur peu de foi, déclarent que leur existence n’est qu’une « gracieuse légende ». Les anges sont sans cesse à notre service; ils n'attendent point de remerciements en retour et n’en reçoivent guère. Et pourtant, la dévotion aux saints anges conduirait à la perfection, à la sainteté.

 

D'après Mechtild Thaller née von Schönwerth